le 20 novembre 2006 : c’est le 311e anniversaire de l’assassinat de Zumbi dos Palmares, le leader de la résistance noire au Brésil. Il fut décapité et sa tête exposée sur la place publique afin de donner l’exemple. De quoi était-il coupable ? D’être le chef de la plus grande communauté « quilombo ». Le Quilombo était un endroit où les esclaves fuyaient pour vivre en liberté, une région autonome cachée au milieu de la forêt, difficile d’accès. Au Quilombo ne vivaient pas seulement des noirs, mais aussi des blancs et des indiens qui refusaient le système esclavagiste.
Longtemps considéré comme un bandit, un marginal pour l’historiographie officielle brésilienne, Zumbi dos Palmares est devenu une icône de la résistance noire au Brésil. La date de sa mort est devenue la journée officielle de la conscience noire – puisque le 13 mai, le jour de l’abolition de l’esclavage, n’est guère l’occasion de célébrer une grande victoire…
Au Brésil, comme dans de nombreux pays, la population noire a dû résister contre un racisme d’autant plus subtile qu’il était occulté par un discours officiel du métissage, qui décretait que la « démocratie raciale » était déjà réalisée et laissait entendre que le pays était dans la voie du progrès puisque les peuples noirs et indigènes allait un jour « blanchir » grâce au mélange.
Aujourd’hui, il est impossible de parler du Brésil sans faire référence à sa culture métissée majoritairement noire. De la samba à notre réputation de gaieté, la culture noire est omniprésente. En revanche, cet apport culturel exige une contrepartie, une revendication permanente d’égalité des chances, un désir de réparation.
Après l’esclavage, il n’y a eu aucune politique de réparation. Pourtant, en dehors des moments privilégiés de l’_expression d’une identité culturelle distincte, comme par exemple lors des défilés du Carnaval, les noirs du Brésil se veulent aussi brésiliens que le reste de la population. Ils aspirent à intégrer la vie politique et universitaire, la diplomatie, l’enseignement. Ces désirs de participation remettent en cause le discours officiel de la démocratie raciale, les chiffres le montrent aussi clairement…
De fait, les commémorations du mois de novembre, mois de la conscience noire, font apparaître une autre facette du Brésil : un Brésil conscient. Cette Première Semaine de la Conscience Noire Brésilienne (du 20 au 25 novembre 2006) à Rennes sera une occasion possibilité de débattre de nombreux problèmes : «Politiques de lutte contre la discrimination : quel modèle convient au Brésil ?», «La démocratie raciale : mythe ou réalité ?», «Mythe et lutte dans la poétique afro-brésilienne, dès ses origines jusqu´à la contemporanéité» et « L’art brésilien constitue-t-il une façon de s’engager socialement ? » .
Citons pour conclure cette invitation, une chanson d’un groupe d’afoxé afro-brésilien, Oxum Panda, de Recife (Pernambuco) : « un peuple qui ne sait pas vivre avec les différences de couleurs, d’idées et de confessions, ne peut pas grandir et être fort et heureux. Il est esclave du préjugé ! »
Marcia MORAES DE OLIVEIRA
Agitatrice, organisatrice et reveusatrice
20/11 LUNDI - 18h30
22/11 MERCREDI- 18h30
La bibliographie de chaque conférence sera disponible sur le site de l’IEP-Rennes ( à partir du 10 novembre)
24/11 VENDREDI
19h Apéro-débat
« L’art brésilien constitue-t-il une façon de s’engager socialement ? » avec Karine HUET (CFMI et Accordez donc), Marcia MORAES (danseuse et élève à l’IEP-Rennes), Wendell BARA (« Zambuba-Ê / Esquenta-Mulher » et « Quarto Fantastico ») et Adail VIVEIROS (Zambuba-Ê / Esquenta-Mulher )
21h Soirée

Avec la participation de trois groupes de musique brésilienne, un français et deux brésiliens : Tr@nsat, musique du Nordeste du Brésil,
Où: Le KNOCK bar (48, route de Saint Brieuc Rennes). Entrée individuelle :3€
25/11 SAMEDI - ATELIERS
DE MUSIQUE
DE CAPOEIRA
Pré-inscription sur internet du 6 au 12 novembre (consciencenoirebresilienne@yahoo.com).
Après cette date, il faudra confirmer l'inscription au stand à IEP (Rennes) pendant la periode du 13-17 novembre (15h-19h).
EXPOSITIONS PHOTOGRAPHIQUES
PROJET : Entre baques et batuques :Une voyage au Maracatu pernambucain (Carolina SANTOS GONÇALVES – Université du Nord du Paraná – Londrina/Brésil)
Photographes: lvaro Eloy GONÇALVES JUNIOR , Carolina SANTOS GONÇALVES, Marcia MORAES DE OLIVEIRA
PROJET : La Communauté de Quilombo Cambara
Département de Sociologie de l’Université Fédéral do Rio Grande do Sul.
Où : Au Centre de documentation Jacques Fauvet à l’IEP (Institut d’études Politiques) – Rennes (boulevard Duchesse Anne).Entrée gratuite
Remerciements











